Précision :  Mereym est un surnom, le véritable prénom est Aurélie.

 

Bonjour je m’appelle aurélie, j’ai 21 ans, je tiens tout d’abord a préciser que si je témoigne aujourd’hui c’est parce que je peux en parler un peu plus librement et pour dire a ceux qui vivent le harcèlement scolaire actuellement qu’ il ne faut surtout pas se terrer dans le silence, et surtout ce que je ne souhaite pas être plaint merci d’avance de respecter mon souhait.
Dès la maternelle cela était difficile pour moi d’aller a l’école, d’après ce qu’on m’a raconté je pleurais en y allant, je pleurais à nouveau quand on venait me chercher,je ne faisais jamais la sieste, je terrorisais les autres et ça se passait ainsi jusqu’au primaire en cm1 pour être exacte, les choses ont changé du tout au tout. On commence à me mettre à l’écart et à se moquer de moi, je me rappelle qu’une fois, un parents m’avait attrapé et m’avait engueulé car soi-disant j’ insultais sa fille alors qu’au contraire j étais la seule à lui parler. A mon avis, il voulait prendre la première personne pour la rendre coupable.
En cm 2 les choses empiraient : tous me laissaient de côté, surtout à cause de mon physique. A l’époque je m’habillais comme un garçon : toujours les cheveux attachés etc ……,j étais la « moche » de l’école ; je n’étais pas grand-chose et je laissais tout ça de côté même si cela m attristait.

L’entrée au collège : c’était la descente aux enfers J’ai eu le droit à des insultes du genre , « grosse vache,troll des montagnes, tes moche, tes grosse » cela commençait a m’ atteindre moralement
Mais cela allait plus loin, un groupe de filles m’a attrapé dans le couloir pour me frapper jusqu aux arrêts de bus, j ai eu de la chance ce jour la : un des chauffeurs avait vu la scène et m’a protéger en me disant de monter pour qu’elle me laisse tranquille.

J’ai eu le droit à des humiliations en sport ou les filles me baissaient le pantalon.
Le pire souvenir que je garde c’est en cours de sport a la fin, au moment d’aller se changer, certaine filles de ma classe m’avaient bloqué dans un coin pour m’enlever le soutien-gorge car j’étais la fille à la plus forte poitrine, pour ensuite le montrer dans la cour devant plusieurs élèves et le lancer dans les buisson où j’ai dû aller le chercher devant tous le monde.
Je me souviens aussi qu’une journée, pendant le cours de musique, un garçon de ma classe m’avait souffle « t’es grosse » et « steak frites » pendant une heure. J’ai quitté la classe en pleurs, la prof s’est montrée compréhensible et m’avait autorisé à attendre la fin du cours dans le couloir mais cela avait continué dans un autre cours, celui de dessin où j’ avais également quitté la salle, mais au lieu de me laisser le professeur était venu me chercher pour m’attraper par le poignet et me ramener de force dans la classe. Ce qui avait suscité les rires des autres mais lui s’en fichait. J’ai fini le cours la tête dans les bras à pleurer, tout se passait ainsi jusqu’ en quatrième.

Suite à ça mes parents avaient décidé de changer de département pour que je puisse recommencer a zéro. Nous sommes alors partis dans le sud, ils m’ont inscrit dans un nouveau collège, mais comme à chaque rentrée de classe, j’avais la boule au ventre. Seulement là, c’était encore pire car je ne connaissais pas la région et surtout je ne connaissais personne, dès le premier jour j’avais l’étiquette de la petite nouvelle. Les premier mois se sont plutôt bien passés, j’étais plutôt intégrée, malgré une petite barrière de langage car certains mots différaient du nord au sud, donc il arrivait que je ne comprenne pas tout mais pas de problèmes majeurs.

Du moins jusqu’au mois de novembre où tout a basculé : deux garçons de ma classe se sont intéressés a moi, je laissais faire car j’étais un peu naïve et surtout je n’avais pas encore eu d’amis garçon, alors j’étais contente. Mais cela n’allait pas durer car, au fil du temps, cela a viré au cauchemar. J’ai subi une première agression physique dans le bus où à l ‘écart, et puis cela a fini par quelque chose de plus grave. La seconde agression s’est passée dans le collège, il y avait une réunion pour un voyage scolaire. J’étais avec eux dans la cour puis de fil en aiguille ils m’ont amené dans un recoin. Tout s’est bousculé dans ma tète, je ne comprenais pas ce qui ce passait, j’étais paniquée, comme dans un autre monde. Je n osais crier ni même me défendre car les deux m’empêchaient de bouger, ça s’est finalement terminé quand les portables ont sonné. La réunion était terminée et nos parents nous cherchaient. Quand j’ai rejoint ma mère, je ne parlais plus.
Elle s’était rendu compte que quelque chose n’allait pas mais elle n’avait pas cherché à en savoir davantage et de mon côté je me sentais honteuse, arrivée chez moi je pris une douche car je me sentais sale. Je me suis enfin enfermée dans ma chambre, en tout cela c’est passé 5 fois sur une période de deux mois, dont une qui s’est passée juste a côté de chez mes parents où, là encore je pris une douche. Malgré cela je n’avais rien dit autour de moi, par peur, et je pensais que personne n’allait me croire.
C’est finalement un texto qui a enrayé la machine je me souviendrais à vie de ce jour
c’était un jeudi matin, on commence la journée par la technologie. Je suis allée en cours et d’une minute a l’autre j’ai reçu un SMS , un des garçons avec le portable de l’autre me disait qu’il préférait rester ami, car oui a la base ce n’était qu une simple histoire de triangle amoureux. A ce moment-là, j’avais l’impression de tomber dans le vide je ne sentais plus rien, j’avais littéralement décrocher, j’étais comme dans une bulle, seule.

Je ne voyais plus ce qui ce passait autour de moi, j’étais blanche et j’avais la nausée j ai demandé au professeur de quitter la classe : Voyant ma tète il me l’accorda. Je me suis mis dans un coin, recroquevillée sur moi , à pleurer, seulement à pleurer. J’ai passé la première heure en bas dans cette état, jusqu’au moment où la sonnerie retentit, une de mes amies, qui était dans une autre classe est venue vers moi. Elle s’inquiétait et essayait de savoir ce qui ce passait, je lui avais d’abord dit que ce n’était rien et que je n’avais pas envie de parler, mais elle insistait et cherchait à m’aider, je lui ai finalement avoué la vérité, je lui ai dit mot pour mot
« tu vois quand une fille et un garçon font quelque chose sauf que la fille n’est pas d’accord ».
Ni une ni deux elle m’a emmené voir la CPE et elle m’a également accompagné voir l’infirmière. J’ai eu peur je n’osais pas dire ce qui c’était passé, je lui ai donc dit que je pensais être enceinte mais elle a vu clair dans mon comportement et m’a fait entrer dans son bureau pour en parler a l’abri des oreilles indiscrètes. Suite à ça elle a appelé le directeur pour lui faire part de la situation.
Ensuite, il y a eu des confrontations avec les deux garçons, avec les parents de chacun, le directeur, au final ils ont été renvoyé définitivement du voyage et du collège.

J’ai à nouveau changé d’école, dans un lycée, pour faire une troisième professionnelle, il y avait des personnes du collège. Cela ne posait aucun problème mais cette histoire me hantait, et j’ai eu le malheur d’en parler a de mauvaises personnes ce qui en quelque heures a fait le tour du lycée et la les harcèlements, les humiliations et les moqueries ont repris de plus belle. J’ai a nouveau eu le droit à des critiques sur mon physique.
Déjà a l’époque j avais le goût pour l’écriture et cela m’intéressait plus que les cours au point, d’écrire des textes en classe. Malheureusement il est tombé dans de mauvaises mains, la personne en question a pris un malin plaisir a le lire au milieu du self.
Les idées noires et les tentatives de suicide ont commencé, en parallèle a cause de mon mal être, la CPE m’a pris des rendez-vous avec l’assistante sociale stagiaire du lycée.

Une chance pour moi elle était aussi du nord : le contact est toute de suite passé. J’avais trouvé un refuge et du soutien, de fil en aiguille je lui ai raconté mon histoire, elle a tout de suite informé sa responsable et la gendarmerie pour un dépôt de plainte car je ne l’avais pas fait l’année précédente.
L’un des souvenirs qui m’a frappé c’est la première fois que les gendarmes sont venus à la maison. Mes parent est moi étions présents, j’étais alors dans ma chambre quand j’entendis des voix, par curiosité je suis descendue pour voir ce qui se passait. Quand j’ai vu les uniformes, j’ai d’abord eu peur mais j’ai ensuite compris pourquoi ils étaient là.

J’ai craqué et je suis sortie dans le jardin. De plus, j’avais remarqué que mes parents étaient en pleurs, ce qui m’a attristé et cela me culpabilisait davantage, l’un des gendarmes est alors venu a ma rencontre pour m’informer de ce qui allait ce passer, pour me soutenir et me rassurer.
J’ai finalement passé huit heures a la gendarmerie, coup du sort j’ai un membre de ma famille qui est décédé, cette personne était comme ma troisième grand mère, jetais vraiment proche d’elle et cela a été un gros coup dur, j ai dû stopper la procédure provisoirement pour aller a l’enterrement.
La conclusion de cette histoire c’est que l affaire a été portée a un juge qui a classé l’affaire sans suite par manque de preuves, mais pour moi rien n’était fini. C’était plutôt le contraire, je ne sais pas comment j’ai fait mais j’ai fini l’année et obtenu mon diplôme. Mais les années suivantes furent les pires, cela a commencé par un stress post-traumatique, suivi d’une première dépression. J’ai été placée en hôpital psychiatrique pour la première fois, j’avais alors 15 ans.

Je sortis de l’hôpital à 18 ans et mes parents ont décidé de me reprendre chez eux,6 mois après. J’ai trouvé un appartement car la cohabitation devenait insupportable alors j’ai déménagé, les premiers mois ont été difficile, je n’aidais jamais ma mère et se retrouver seule d’un seule coup je pensais que cela serait mieux mais je suis vite tombe sur le derrière, je me suis laissé débordé plusieurs fois mais au fur et a mesure j’ai pris un rythme. J’ai d’abord eu deux relations chaotiques avant de trouver quelqu’un je suis restée un an avec lui je pensais que c’était le bon, mais je m’étais trompé, on a rompu peu de temps après.
Et puis, au bout de quelques mois j’ai à nouveau rencontré quelqu’un, et là tout a changé, je faisais les choses en temps et en heure alors que je ne l’avais jamais fait, mon moral s améliorait, je rigolai, j’étais heureuse, même si cela a créé quelque conflits au sein de la famille.

A présent tout est revenu dans l ‘ordre, à présent nous avons un appartement, tous les deux un boulot, un mariage qui se prépare et un projet d’enfant.

Un mot pour la fin:

Je sais que pour certains, c’est plus facile a dire qu’à faire mais je sais ce que vous vivez et ce que vous ressentez, alors à tous ceux qui vivent la même chose, ne vous terrez pas dans le silence cela causera votre perte, alors parlez-en à votre entourage, à quelqu un de confiance ou à un professionnel, la pire des conséquences pour moi est la perte de confiance. Je sais que c’est dur , je vous dis pas que c’est toujours facile moi-même j’ai des coups de mou, mais je reprends les choses en main, vous pouvez y arriver, si vous rompez le silence, il n’y a que de cette façon que vous vous en sortirez !

 

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